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Dépendance affective : le test en 20 questions pour évaluer vos schémas

Gildas GarrecPsychopraticien TCC
Lecture : 12 min

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En bref : La dépendance affective se reconnaît à un faisceau de schémas : peur de l'abandon, besoin excessif de validation, sacrifice de soi dans le couple, intolérance à la solitude et cycles relationnels qui se répètent. Cet auto-test de vingt questions, construit à partir de la psychologie clinique et des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), vous aide à situer votre niveau de dépendance sur cinq dimensions. Vous notez chaque affirmation de zéro à trois selon sa fréquence sur les trois derniers mois : anxiété quand l'autre ne répond pas vite, humeur qui dépend de son attitude, activités abandonnées pour la relation, attirance pour des personnes émotionnellement indisponibles. Le score va de zéro à soixante : dépendance faible de 0 à 15, modérée de 16 à 30, élevée de 31 à 45, sévère au-delà. C'est un indicateur de repérage, pas un diagnostic. Faites-le seule, dans un moment calme, pour reconnaître vos schémas et, si besoin, vous tourner vers un accompagnement TCC.
Vous avez un doute. Quelque chose dans votre façon d'aimer ne tourne pas rond, et vous le sentez. Peut-être que vous consultez votre téléphone bien trop souvent. Peut-être que le silence de l'autre vous rend littéralement malade.

Peut-être avez-vous annulé un dîner entre amies « au cas où » l'autre serait disponible. Peut-être êtes-vous simplement épuisée par ce nœud permanent au creux du ventre.

Ce test est là pour vous aider à y voir plus clair. Il ne remplace en aucun cas un diagnostic professionnel, mais il vous donnera une première indication fiable de votre niveau de dépendance affective, à partir de critères utilisés en psychologie clinique et en TCC.

À retenir : ce test est un outil d'auto-évaluation indicatif. Il ne constitue pas un diagnostic. Si vos résultats vous inquiètent, une consultation avec un thérapeute formé aux TCC permettra une évaluation plus fine et la définition d'un accompagnement adapté.

Comment fonctionne ce test

Le principe

20 questions qui couvrent cinq grandes dimensions de la dépendance affective : peur de l'abandon, besoin de validation, sacrifice de soi, tolérance à la solitude et schémas qui se répètent. Ces dimensions correspondent aux marqueurs cliniques les plus fiables identifiés dans les recherches sur l'attachement insécure et sur les schémas précoces inadaptés de Jeffrey Young.

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Le système de score

Pour chaque question, attribuez-vous une note de 0 à 3 selon la fréquence à laquelle la situation vous concerne :

  • 0 = Jamais ou rarement
  • 1 = Parfois (une à deux fois par mois)
  • 2 = Souvent (plusieurs fois par semaine)
  • 3 = Presque toujours (au quotidien)
Notez votre réponse à chaque question, puis faites la somme.

Les conditions idéales

Répondez seule, dans un moment calme, en pensant à votre fonctionnement global sur les trois derniers mois (pas seulement la semaine écoulée). Si vous êtes au tout début d'une relation, vos réponses peuvent être amplifiées par l'intensité de la phase de cristallisation : c'est normal. Privilégiez une vue d'ensemble de vos schémas relationnels récurrents.


Les 20 questions

Dimension 1 — Peur de l'abandon (questions 1 à 5)

Question 1. Quand mon ou ma partenaire ne répond pas à un message dans l'heure, je ressens une anxiété disproportionnée (nœud au ventre, scénarios catastrophe, envie compulsive de vérifier mon téléphone). Question 2. L'idée que l'autre puisse me quitter déclenche une terreur qui dépasse la simple tristesse : c'est un sentiment de vide existentiel. Question 3. Je suis constamment en alerte, à l'affût du moindre signe de retrait chez l'autre : un ton un peu sec, un regard absent, un « je suis fatigué ». Question 4. J'ai déjà accepté d'être traitée avec manque de respect ou négligence plutôt que de risquer une rupture. Question 5. Après la moindre dispute, même mineure, je suis submergée par la peur que ce soit « le début de la fin » et je cherche aussitôt à réparer le lien.

Dimension 2 — Besoin de validation (questions 6 à 9)

Question 6. J'ai besoin que l'autre me dise régulièrement qu'il ou elle m'aime pour me sentir en sécurité. Les gestes et les preuves indirectes ne suffisent pas : il me faut les mots. Question 7. Mon humeur dépend largement de l'attitude de mon ou ma partenaire. S'il ou elle est distant·e, ma journée est gâchée. S'il ou elle est tendre, tout va bien. Question 8. Je cherche souvent l'approbation de l'autre avant de prendre des décisions, même pour des choix mineurs (quoi manger, comment m'habiller, quelle série regarder). Question 9. Quand je reçois un compliment de mon ou ma partenaire, le soulagement est de courte durée. Très vite, le doute revient : « Le pensait-il ou le pensait-elle vraiment ? »

Dimension 3 — Sacrifice de soi (questions 10 à 13)

Question 10. J'ai renoncé à des activités, des amies ou des projets personnels pour être plus disponible pour l'autre, même sans qu'on me le demande. Question 11. Je dis souvent oui quand je pense non, par peur qu'exprimer un désaccord ne provoque un conflit ou une mise à distance. Question 12. J'ai tendance à anticiper les besoins de l'autre et à m'y adapter avant même qu'ils soient exprimés, parfois au détriment de mes propres envies. Question 13. Quand je fais quelque chose pour moi (une sortie, du temps seule, un plaisir personnel), je culpabilise, comme si je « volais » du temps à la relation.

Dimension 4 — Tolérance à la solitude (questions 14 à 17)

Question 14. L'idée de passer un week-end entier seule me provoque plus d'angoisse que d'enthousiasme. Question 15. En dehors de ma relation amoureuse, j'ai du mal à identifier ce qui me définit, ce qui me passionne, ce qui me rend unique. Question 16. Après une rupture, j'ai tendance à me précipiter dans une nouvelle relation plutôt qu'à traverser seule la phase de deuil. Question 17. Quand je suis seule, je me sens incomplète, comme s'il me manquait une pièce essentielle pour fonctionner normalement.

Dimension 5 — Schémas répétitifs (questions 18 à 20)

Question 18. Je remarque que mes relations amoureuses suivent un schéma similaire : début intense, anxiété qui monte, crises, et souvent une fin douloureuse. Question 19. J'ai tendance à être attirée par des personnes émotionnellement indisponibles, distantes ou imprévisibles, et je me désintéresse des personnes stables et rassurantes. Question 20. En regardant l'ensemble de mon histoire relationnelle, je reconnais que le ou la partenaire change, mais que ma souffrance reste la même.

Interpréter votre score

Calculez votre total

Additionnez vos 20 réponses. Le score minimum est de 0, le maximum de 60.

L'échelle d'interprétation

Score 0-15 : dépendance affective faible

Votre fonctionnement relationnel paraît globalement sain. Vous êtes capable d'intimité sans fusion, de solitude sans panique, et d'exprimer vos besoins sans supplication émotionnelle. Des fluctuations ponctuelles (un peu d'anxiété en début de relation, un besoin de réassurance dans les périodes stressantes) sont normales et ne constituent pas une dépendance affective. Continuez à cultiver cet équilibre.

Score 16-30 : dépendance affective modérée

Certains schémas de dépendance sont présents et méritent votre attention. Vous ne traversez pas une souffrance extrême, mais vous reconnaissez des comportements qui vous limitent : tendance à vous perdre dans la relation, sensibilité accrue aux signaux de l'autre, difficulté à vous épanouir pleinement seule.

C'est le moment idéal pour agir, avant que ces schémas ne s'intensifient. Quelques mois de travail en TCC peuvent suffire à désamorcer ces automatismes.

Score 31-45 : dépendance affective élevée

Votre score indique une dépendance affective marquée, qui a probablement un impact concret sur votre quotidien : relations chaotiques, anxiété relationnelle envahissante, perte d'identité dans le couple, difficulté à poser des limites. Ces schémas ne sont pas une fatalité : ils traduisent des apprentissages relationnels précoces qui peuvent être reprogrammés. Un accompagnement thérapeutique structuré est vivement recommandé.

Score 46-60 : dépendance affective sévère

Votre fonctionnement relationnel est aujourd'hui source d'une souffrance importante. À ce niveau, la dépendance affective touche probablement tous les domaines de votre vie : relations, amitiés, travail, estime de soi.

Il est essentiel de ne pas affronter cette situation seule. Un thérapeute formé aux TCC peut vous accompagner à travers un protocole structuré pour reprendre la main sur votre vie relationnelle.

À retenir : quel que soit votre score, il ne vous définit pas. Il capte votre fonctionnement actuel, pas votre identité. La dépendance affective peut se travailler, se transformer et se dépasser. Ce test est un premier pas de prise de conscience : la suite vous appartient.

Comprendre vos dimensions les plus élevées

Au-delà de votre score global, regardez où se concentrent vos points les plus hauts.

Si « Peur de l'abandon » domine (questions 1 à 5)

Votre schéma central est probablement lié à un attachement anxieux formé dans l'enfance. Votre système d'alarme interne est hyperactif : il détecte des menaces d'abandon là où il n'y en a pas. C'est la dimension la plus directement reliée à la théorie de l'attachement de Bowlby.

Si « Besoin de validation » domine (questions 6 à 9)

Votre estime de vous est sans doute conditionnelle : elle dépend du regard de l'autre. Ce schéma est souvent associé à une enfance où l'amour était donné en échange de performance, de conformité ou de « sagesse ». Le travail thérapeutique visera à construire une estime de soi inconditionnelle.

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Si « Sacrifice de soi » domine (questions 10 à 13)

Vous êtes probablement dans un schéma d'abnégation (schéma d'abnégation de Young). Vous avez appris très tôt que votre rôle était de prendre soin des autres, pas de vous. Ce schéma peut devenir un terreau fertile pour la codépendance et l'épuisement relationnel.

Si « Tolérance à la solitude » domine (questions 14 à 17)

Votre identité est probablement fusionnée avec celle de vos partenaires successifs. La solitude n'est pas vécue comme une liberté mais comme un vide insupportable. Le travail thérapeutique inclura la reconstruction d'une identité individuelle solide.

Si « Schémas répétitifs » domine (questions 18 à 20)

Vous avez clairement identifié le schéma. C'est en réalité une bonne nouvelle : la conscience du schéma est le premier levier de changement. La question n'est plus « Ai-je un problème ? » mais « Suis-je prête à y travailler ? ».


Et maintenant ?

Ce test est un outil de prise de conscience, pas un point d'arrivée. Si vos résultats vous interpellent, trois pistes s'offrent à vous :

1. Approfondir votre compréhension. Notre article complet sur la dépendance affective explore en détail les mécanismes, les causes et le protocole TCC en 6 étapes pour s'en libérer. 2. Faire le quiz interactif. Notre quiz interactif propose une version dynamique de ce test, avec calcul automatique du score et interprétation détaillée. 3. Consulter un professionnel. Si votre score dépasse 30, un accompagnement thérapeutique est recommandé. Un thérapeute formé aux TCC peut affiner l'évaluation, identifier les schémas précoces en jeu et construire avec vous un plan d'action concret.
Vous vous reconnaissez dans ce test et vous voulez agir ? Gildas Garrec, psychopraticien TCC, propose un accompagnement structuré pour se libérer de la dépendance affective. Le Programme Liberté (déconstruire les schémas de dépendance) et le Programme Silence (apprivoiser la solitude) sont spécifiquement pensés pour cette problématique. Prendre un premier rendez-vous
Sources et références :

Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss, Vol. 1: Attachment. Basic Books.

Young, J. E., Klosko, J. S., & Weishaar, M. E. (2003). Schema Therapy: A Practitioner's Guide. Guilford Press.

Bartholomew, K., & Horowitz, L. M. (1991). Attachment Styles Among Young Adults. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226-244.

Sirvent, C., & Moral, M. V. (2018). Emotional Dependency Construct: Psychometric Properties. Clinical and Health Psychology, 18(2), 25-36.


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FAQ

Quelles sont les principales caractéristiques de la dépendance affective ?

La dépendance affective s'évalue avec 20 questions issues de la psychologie clinique et des TCC. Ses traits les plus caractéristiques sont des schémas répétitifs qui impactent le fonctionnement quotidien et les relations, de façon prévisible et souvent auto-renforçante, et qui persistent sans intervention.

Comment la psychologie cognitivo-comportementale explique-t-elle la dépendance affective ?

Les TCC l'analysent à travers les pensées automatiques, les croyances centrales et les comportements d'évitement, un cadre qui identifie les mécanismes de maintien et offre des points d'intervention ciblés, par restructuration cognitive et expériences comportementales structurées.

Quand consulter un professionnel pour une dépendance affective ?

Une consultation est justifiée quand la dépendance affective impacte significativement la qualité de vie, les relations ou le travail pendant plus de deux semaines. Un praticien TCC peut proposer un protocole fondé sur les preuves, adapté à votre situation, généralement de 8 à 20 séances selon la sévérité.

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Gildas Garrec, Psychopraticien TCC

À propos de l'auteur

Gildas Garrec · Psychopraticien TCC

Psychopraticien certifié en thérapies cognitivo-comportementales (TCC), auteur de 16 ouvrages sur la psychologie appliquée et les relations. Plus de 900 articles cliniques publiés sur Psychologie et Sérénité.

📚 16 livres publiés📝 900+ articles🎓 Certifié TCC