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Maîtriser ses émotions : 10 exercices TCC pour l'intelligence émotionnelle

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L'intelligence émotionnelle est l'une des compétences les plus décisives pour la qualité de vos relations. Daniel Goleman, qui a popularisé le concept dans les années 1990, la définit comme la capacité à percevoir, comprendre, réguler et utiliser les émotions — les vôtres comme celles des autres. Développer votre intelligence émotionnelle avec des exercices concrets et validés est possible à tout âge, grâce à la neuroplasticité cérébrale. En tant que psychopraticienne spécialisée en TCC, je vous propose ici 10 exercices progressifs qui intègrent les apports de la TCC classique, de la TCC de troisième vague (ACT, pleine conscience) et de la psychologie des émotions.

Dans l'article qui suit, j'aborde la régulation des émotions. Si vous vous reconnaissez dans ce thème, j'ai conçu un test de gestion des émotions qui permet de faire le point sur votre manière de vivre et réguler vos émotions. Il s'accompagne d'un guide pour prolonger la réflexion au-delà des résultats.

Ces exercices ne sont pas des recettes abstraites. Ce sont des protocoles que j'utilise au quotidien avec mes patientes et qui s'appuient sur la recherche scientifique. Chacun cible une dimension précise de l'intelligence émotionnelle et peut être pratiqué de manière autonome.

Faire le test : Gestion des Émotions → — Avant de vous lancer dans ces 10 exercices, mesurez votre point de départ : cette auto-évaluation situe votre capacité actuelle à réguler vos émotions.

Qu'est-ce que l'intelligence émotionnelle ? Le modèle de Goleman revisité par la TCC

Les cinq piliers de Goleman

Daniel Goleman a structuré l'intelligence émotionnelle autour de cinq compétences :

  • La conscience de soi émotionnelle : la capacité à identifier ce que vous ressentez en temps réel.
  • L'autorégulation : la capacité à réguler vos émotions plutôt que de vous laisser submerger.
  • La motivation interne : la capacité à vous mobiliser par des moteurs internes plutôt que par des récompenses externes.
  • L'empathie : la capacité à percevoir et comprendre les émotions des autres.
  • Les habiletés sociales : la capacité à gérer vos relations de manière constructive.
  • Ce modèle, parfois critiqué pour son manque de rigueur psychométrique face au modèle Mayer-Salovey-Caruso, a le mérite d'offrir un cadre opérationnel. Et chacun de ces cinq piliers peut se travailler avec des outils issus de la TCC.

    L'apport de la TCC de troisième vague

    La TCC a beaucoup évolué depuis les travaux fondateurs d'Aaron Beck dans les années 1960. La première vague s'est concentrée sur les comportements. La deuxième sur les cognitions. La troisième vague — qui inclut l'ACT (Steven Hayes), la thérapie comportementale dialectique (Marsha Linehan) et la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (Segal, Williams, Teasdale) — place les émotions au centre du travail thérapeutique.

    La TCC de troisième vague ne cherche pas à éliminer les émotions désagréables. Elle vise à développer la flexibilité psychologique : la capacité à ressentir pleinement vos émotions sans en être dominée, et à agir en accord avec vos valeurs même en présence d'émotions difficiles.

    C'est exactement la définition opérationnelle d'une intelligence émotionnelle mature.

    Comprendre vos émotions : la roue de Plutchik

    Un vocabulaire émotionnel enrichi

    Robert Plutchik, psychologue américain, a développé dans les années 1980 un modèle circumplexe des émotions, représenté sous forme de roue. Ce modèle identifie huit émotions primaires organisées en quatre paires d'opposés : joie/tristesse, confiance/dégoût, peur/colère, surprise/anticipation.

    Chaque émotion primaire existe à différentes intensités. La colère, par exemple, va de l'agacement (faible intensité) à la rage (intensité maximale), en passant par la frustration et l'irritation. La peur va de l'appréhension à la terreur.

    Pourquoi cette roue est-elle si utile à l'intelligence émotionnelle ? Parce que le premier obstacle à la régulation émotionnelle est souvent l'incapacité à nommer précisément ce que l'on ressent. Dire « je me sens mal » n'est pas la même chose que dire « je ressens de la déception mêlée à de l'appréhension ». Le premier est flou et écrasant. Le second est précis, donc travaillable.

    Les recherches de Matthew Lieberman à l'UCLA ont montré que le simple fait de nommer une émotion (affect labeling) réduit l'activation de l'amygdale et augmente celle du cortex préfrontal. Mettre des mots sur vos émotions est, en soi, un acte de régulation.

    Les émotions mixtes de Plutchik

    Plutchik a aussi identifié des émotions complexes, nées de la combinaison de deux émotions primaires. L'amour serait la combinaison de la joie et de la confiance. La culpabilité, celle de la joie et de la peur. La jalousie, celle de la peur et de la colère.

    Ce cadre est précieux dans le contexte relationnel. Quand une patiente me dit « je suis jalouse », nous pouvons décomposer cette émotion en ses composantes (peur de perdre l'autre + colère face à une menace perçue) et travailler chaque composante séparément avec des outils TCC spécifiques.

    Les 10 exercices : protocole progressif

    Exercice 1 — Le scan émotionnel du matin (conscience de soi)

    Objectif : développer la capacité à identifier vos émotions en temps réel. Protocole : chaque matin, avant de consulter votre téléphone, accordez-vous trois minutes. Fermez les yeux. Demandez-vous : « Qu'est-ce que je ressens, là, maintenant ? » Balayez votre corps de la tête aux pieds. Repérez les tensions, les sensations. Puis nommez l'émotion à l'aide de la roue de Plutchik. Notez-la dans un carnet avec son intensité sur une échelle de 0 à 10. Pourquoi ça marche : la pleine conscience interoceptive — la conscience des signaux corporels internes — est un prédicteur robuste de l'intelligence émotionnelle (travaux de Bechara et Damasio). En pratiquant ce scan chaque jour, vous entraînez votre cerveau à détecter les signaux émotionnels précoces avant qu'ils ne deviennent envahissants. Durée recommandée : pratiquez pendant 21 jours consécutifs pour en faire une habitude.

    Exercice 2 — Le journal émotionnel structuré (conscience de soi + régulation)

    Objectif : identifier vos déclencheurs émotionnels et vos schémas récurrents. Protocole : chaque soir, notez les trois émotions les plus marquantes de votre journée. Pour chacune, utilisez le format SPPA :
    • Situation : que s'est-il passé ? (les faits uniquement)
    • Pensée : quelle pensée automatique a surgi ?
    • Physiologie : quelles sensations corporelles avez-vous ressenties ?
    • Action : comment avez-vous réagi ? Qu'auriez-vous pu faire autrement ?
    Pourquoi ça marche : ce format est directement inspiré du journal de pensées de Beck, adapté pour intégrer les dimensions corporelle et comportementale. James Pennebaker a montré que l'écriture expressive structurée améliore la régulation émotionnelle et renforce le système immunitaire. Le format SPPA ajoute une dimension analytique qui développe la métacognition émotionnelle. Fréquence : quotidienne les quatre premières semaines, puis trois fois par semaine.

    Exercice 3 — La respiration 4-7-8 en situation de stress (régulation émotionnelle)

    Objectif : interrompre l'escalade émotionnelle en activant le système nerveux parasympathique. Protocole : quand une émotion intense monte (colère, anxiété, frustration), utilisez la technique 4-7-8 du Dr Andrew Weil :
    • Inspirez par le nez pendant 4 secondes.
    • Retenez votre souffle pendant 7 secondes.
    • Expirez lentement par la bouche pendant 8 secondes.
    • Répétez trois à quatre cycles.
    Pourquoi ça marche : l'expiration prolongée stimule le nerf vague, qui active le système nerveux parasympathique (mode « repos et digestion ») et désactive le système sympathique (mode « combat ou fuite »). Les recherches en psychophysiologie confirment que la cohérence cardiaque réduit le cortisol et améliore la prise de décision émotionnelle. Application relationnelle : utilisez cet exercice AVANT de répondre lors d'un conflit avec votre partenaire. Ces 45 secondes de respiration peuvent transformer la qualité de votre réponse.

    Exercice 4 — La défusion cognitive par l'étiquetage (régulation ACT)

    Objectif : prendre du recul face aux pensées et émotions envahissantes sans les combattre. Protocole : quand une émotion ou une pensée intense apparaît, utilisez la formule de défusion de l'ACT :
    • « Je remarque que j'ai la pensée que [contenu de la pensée]. »
    • « Je remarque que je ressens [nom de l'émotion]. »
    Par exemple, au lieu de « Il ne m'aime plus » (fusion cognitive), reformulez : « Je remarque que j'ai la pensée qu'il ne m'aime plus, et que cette pensée s'accompagne de peur et de tristesse. » Pourquoi ça marche : Steven Hayes et ses collègues ont démontré que la défusion cognitive réduit l'impact émotionnel des pensées négatives sans avoir besoin de les modifier. Les travaux de Masuda et coll. (2004) montrent une réduction significative de la crédibilité et de la détresse associées aux pensées négatives après un entraînement à la défusion. L'étiquetage émotionnel active le cortex préfrontal ventrolatéral, qui régule l'amygdale. Pratique : au moins cinq fois par jour pendant deux semaines, puis selon les besoins.

    Exercice 5 — L'empathie cognitive par la prise de perspective (empathie)

    Objectif : développer la capacité à comprendre le point de vue émotionnel de l'autre. Protocole : après une interaction relationnelle tendue, prenez 10 minutes pour écrire la scène du point de vue de l'autre personne. Utilisez le « je » et tentez de reconstituer :
    • Ce que cette personne a pu ressentir.
    • Ce qu'elle a pu penser.
    • Quels besoins non satisfaits se cachaient derrière son comportement.
    • Ce que vous feriez si vous étiez à sa place, avec son histoire et ses vulnérabilités.
    Pourquoi ça marche : les travaux de Jean Decety sur l'empathie distinguent l'empathie affective (ressentir ce que l'autre ressent) de l'empathie cognitive (comprendre ce que l'autre ressent). Cette dernière peut s'entraîner délibérément. La prise de perspective active le réseau du mode par défaut et le cortex préfrontal médial, des zones associées à la mentalisation — la capacité à se représenter les états mentaux d'autrui. Fréquence : après chaque conflit relationnel significatif.

    Exercice 6 — Le tableau des émotions du couple (habiletés sociales)

    Objectif : créer un langage émotionnel partagé au sein du couple ou d'une relation proche. Protocole : avec votre partenaire (ou une personne proche), créez un tableau commun à quatre colonnes : émotion, signal corporel, besoin sous-jacent, ce qui aide. Chacun remplit sa ligne pour les cinq émotions qu'il ressent le plus souvent.

    Exemple :

    ÉmotionSignal corporelBesoinCe qui aide
    AnxiétéNœud au ventreSécuritéÊtre rassurée sans minimiser
    ColèreMâchoire serréeRespectL'autre qui écoute sans interrompre
    TristesseGorge nouéeConnexionUne présence silencieuse, un contact physique

    Pourquoi ça marche : John Gottman a montré que les couples qui développent des « cartes relationnelles » — une connaissance profonde du monde intérieur de l'autre — entretiennent des relations nettement plus satisfaisantes et durables. Cet exercice structure cette connaissance mutuelle autour des émotions. Mise à jour : reprenez le tableau tous les trois mois. Les besoins émotionnels évoluent.

    Exercice 7 — La technique STOP en situation de conflit (régulation + habiletés sociales)

    Objectif : interrompre les réactions automatiques dans les moments de tension relationnelle. Protocole : quand vous sentez la tension monter dans une interaction, appliquez l'acronyme STOP :
    • S — Stop. Arrêtez-vous physiquement. Ne parlez pas, ne bougez pas pendant cinq secondes.
    • T — Take a breath (respirez). Prenez trois respirations profondes (technique 4-7-8 si possible).
    • O — Observe (observez). Observez ce que vous ressentez (émotion, sensations corporelles) et ce que vous pensez (pensée automatique).
    • P — Proceed (avancez). Choisissez consciemment votre réponse plutôt que de réagir automatiquement.
    Pourquoi ça marche : cette technique, issue de la thérapie comportementale dialectique de Marsha Linehan, crée un espace entre le stimulus et la réponse. Viktor Frankl écrivait : « Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace réside notre liberté de choisir notre réponse. » La technique STOP entraîne le cortex préfrontal à reprendre le contrôle des réactions automatiques de l'amygdale. Entraînement : pratiquez d'abord dans des situations de faible intensité émotionnelle avant de l'utiliser dans des conflits majeurs.

    Exercice 8 — L'écoute active structurée (empathie + habiletés sociales)

    Objectif : développer une écoute réellement empathique dans les échanges relationnels. Protocole : pendant une conversation avec une personne proche, appliquez les quatre règles de l'écoute active pendant cinq minutes :
  • Présence pleine : posez votre téléphone, maintenez le contact visuel, orientez votre corps vers l'autre.
  • Reformulation réfléchie : toutes les deux ou trois phrases, reformulez ce que vous avez entendu. « Si je comprends bien, tu te sens frustrée parce que... »
  • Questions ouvertes : posez des questions qui invitent à approfondir. « Comment est-ce que tu te sens avec ça ? » plutôt que « Tu es en colère ? »
  • Validation émotionnelle : reconnaissez l'émotion de l'autre sans la juger. « Je comprends que cette situation te mette en colère. C'est normal vu ce que tu traverses. »
  • Pourquoi ça marche : Carl Rogers a montré que l'écoute empathique est l'un des facteurs thérapeutiques les plus puissants. Dans le contexte relationnel, les recherches de Gottman confirment que le « tournant vers l'autre » — répondre aux appels émotionnels de l'autre — est le meilleur prédicteur de la stabilité relationnelle. L'écoute active est la forme structurée de ce « tournant vers ». Pratique : une séance de cinq minutes par jour avec une personne proche, en alternant les rôles.

    Exercice 9 — L'analyse fonctionnelle des réactions émotionnelles (conscience de soi avancée)

    Objectif : comprendre les fonctions de vos réactions émotionnelles récurrentes dans vos relations. Protocole : identifiez une réaction émotionnelle récurrente dans vos relations (par exemple, vous vous fermez quand votre partenaire exprime une critique, ou vous devenez agressive quand vous vous sentez ignorée). Analysez-la ensuite avec le cadre fonctionnel :
    • Antécédent : quel est le déclencheur précis ? (comportement de l'autre, contexte, état interne préalable)
    • Comportement : quelle est votre réaction exacte ? (verbale, non verbale, retrait, attaque)
    • Conséquence à court terme : qu'obtenez-vous immédiatement ? (soulagement, protection, sentiment de contrôle)
    • Conséquence à long terme : quel est l'impact sur la relation ? (distance, escalade, ressentiment)
    • Émotion masquée : quelle émotion se cache sous la réaction visible ? (souvent la colère masque la peur ou la tristesse)
    Pourquoi ça marche : l'analyse fonctionnelle est un outil fondamental de la TCC comportementale. Elle révèle que les réactions émotionnelles ne sont pas aléatoires : elles servent une fonction, souvent protectrice, apprise dans l'enfance. En rendant cette fonction explicite, il devient possible de trouver des stratégies alternatives qui répondent au même besoin sans les conséquences négatives. Fréquence : une analyse par semaine, en ciblant un schéma récurrent.

    Exercice 10 — Le plan de valeurs relationnelles (motivation + vision globale)

    Objectif : définir le genre de partenaire, d'amie ou de parent que vous voulez être, indépendamment du comportement de l'autre. Protocole : c'est l'exercice le plus ambitieux, directement inspiré de la Matrice ACT développée par Kevin Polk. Prenez une feuille et tracez deux axes :
    • Axe horizontal : à gauche, « ce qui m'éloigne de la personne que je veux être dans mes relations » ; à droite, « ce qui m'en rapproche ».
    • Axe vertical : en bas, « les expériences internes douloureuses que je cherche à éviter » ; en haut, « les actions concrètes alignées sur mes valeurs ».
    Remplissez les quatre quadrants :
    • En bas à gauche : les émotions, pensées et sensations que vous fuyez dans vos relations (peur du rejet, honte, vulnérabilité).
    • En haut à gauche : les comportements d'évitement que vous adoptez (retrait, agressivité défensive, contrôle, fusion).
    • En bas à droite : les valeurs relationnelles qui comptent pour vous (authenticité, bienveillance, courage émotionnel, présence).
    • En haut à droite : les actions concrètes qui incarnent ces valeurs, même en présence des émotions difficiles du quadrant en bas à gauche.
    Pourquoi ça marche : la Matrice ACT est un outil de clarification des valeurs validé dans plusieurs essais cliniques (Polk et coll., 2016). Elle permet de voir clairement le lien entre l'évitement émotionnel et les comportements qui sabotent la relation. Et elle recentre l'attention sur ce qui est sous votre contrôle : vos actions, pas les émotions ni les comportements de l'autre. Révision : trimestrielle, pour ajuster et célébrer vos progrès.

    Intégrer les exercices dans votre quotidien : le plan sur 8 semaines

    Pour que ces exercices produisent des résultats durables, je recommande une progression structurée :

    Semaines 1-2 : exercices 1 et 2 (scan émotionnel + journal). Vous développez la conscience de soi émotionnelle, le fondement de tout le travail. Semaines 3-4 : ajoutez les exercices 3 et 4 (respiration 4-7-8 + défusion ACT). Vous commencez à réguler vos émotions en temps réel. Semaines 5-6 : ajoutez les exercices 5 et 6 (prise de perspective + tableau des émotions). Vous développez l'empathie et créez un langage émotionnel partagé. Semaines 7-8 : ajoutez les exercices 7, 8, 9 et 10 (STOP, écoute active, analyse fonctionnelle, Matrice ACT). Vous intégrez toutes les dimensions de l'intelligence émotionnelle dans vos interactions quotidiennes.

    Après ces huit semaines, gardez les exercices qui résonnent le plus et pratiquez-les régulièrement. L'intelligence émotionnelle, comme un muscle, se maintient par la pratique.

    Obstacles fréquents et comment les surmonter

    « Je ne ressens rien »

    L'alexithymie — la difficulté à identifier et nommer ses émotions — touche environ 10 % de la population. Si vous avez l'impression de « ne rien ressentir », commencez par le corps. Les émotions se manifestent toujours physiquement avant de devenir conscientes. Le scan corporel (exercice 1) est particulièrement adapté à cette situation.

    « Mon partenaire ne veut pas participer »

    Vous n'avez pas besoin de l'autre pour développer votre intelligence émotionnelle. Les exercices 1 à 5 et 9 se pratiquent seule. Et souvent, quand une personne commence à changer sa manière de communiquer ses émotions, l'autre suit naturellement — non par obligation, mais parce que la qualité des échanges s'améliore visiblement.

    « Je retombe dans mes anciens schémas »

    La rechute n'est pas un échec. En TCC, elle fait partie intégrante du processus de changement. Le modèle de prévention de la rechute de Marlatt et Gordon montre que les « faux pas » sont des occasions d'apprentissage. Quand vous retombez dans un ancien schéma, utilisez l'exercice 9 (analyse fonctionnelle) pour comprendre ce qui s'est passé et ajuster votre stratégie.

    « Ça me semble artificiel, pas spontané »

    Toute nouvelle compétence semble artificielle au départ. Marcher, lire, conduire — tout était maladroit avant de devenir fluide. Les recherches en neurosciences montrent qu'après environ 66 jours de pratique régulière (Lally et coll., 2010), un nouveau comportement commence à s'automatiser. La spontanéité viendra. Mais elle vient après la pratique, pas avant.

    L'intelligence émotionnelle, une compétence relationnelle fondamentale

    Les méta-analyses récentes (Malouff et coll., 2014) confirment que l'intelligence émotionnelle est significativement corrélée à la satisfaction relationnelle, à la qualité de la communication dans le couple et à la capacité de résolution des conflits. Ce n'est pas une compétence accessoire. C'est le socle sur lequel se construisent des relations authentiques et durables.

    La TCC, enrichie par les apports de la troisième vague, offre un cadre structuré et validé pour développer cette compétence. Les dix exercices présentés ici ne sont pas exhaustifs, mais ils couvrent les cinq dimensions du modèle de Goleman et vous donnent une boîte à outils complète pour transformer votre rapport aux émotions — les vôtres et celles des personnes qui comptent pour vous.

    L'intelligence émotionnelle n'est pas un don inné réservé à quelques-uns. C'est une compétence qui se construit, se cultive et se renforce tout au long de la vie. Chaque exercice pratiqué, chaque émotion nommée, chaque conflit traversé avec conscience est un pas vers des relations plus riches, plus profondes et plus satisfaisantes.


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    FAQ

    Quelles sont les caractéristiques clés de la maîtrise des émotions ?

    Apprenez à maîtriser vos émotions avec 10 exercices TCC qui changent la vie. Les manifestations les plus caractéristiques impliquent des schémas répétitifs qui affectent le fonctionnement quotidien et les relations interpersonnelles de manière prévisible, souvent auto-entretenue, et qui persistent sans intervention.

    Comment la psychologie cognitivo-comportementale explique-t-elle les exercices pour développer l'intelligence émotionnelle ?

    La TCC analyse cela à travers les pensées automatiques, les croyances fondamentales et les comportements d'évitement — un cadre qui identifie les mécanismes de maintien gardant la difficulté en place et fournit des points d'intervention ciblés par la restructuration cognitive structurée et les expériences comportementales.

    Quand consulter un professionnel pour développer son intelligence émotionnelle ?

    Une consultation professionnelle est justifiée lorsque la difficulté à gérer ses émotions affecte significativement la qualité de vie, les relations ou la performance au travail pendant plus de deux semaines. Une praticienne TCC peut proposer un protocole fondé sur des preuves, adapté à votre situation, généralement de 8 à 20 séances selon la sévérité.
    En bref : L'intelligence émotionnelle, définie par le psychologue Daniel Goleman comme la capacité à percevoir, comprendre, réguler et utiliser les émotions en soi et chez les autres, est une compétence qui s'apprend à tout âge grâce à la neuroplasticité cérébrale. Cet article présente dix exercices de thérapie cognitive et comportementale, validés par la recherche, pour développer l'intelligence émotionnelle sur cinq compétences clés : la conscience de soi émotionnelle, l'autorégulation, la motivation interne, l'empathie et les habiletés sociales. Les exercices marient les approches TCC classiques aux méthodes de troisième vague comme la thérapie d'acceptation et d'engagement et la pleine conscience, qui visent la flexibilité psychologique plutôt que l'élimination des émotions difficiles. La roue des émotions de Robert Plutchik aide à développer un vocabulaire émotionnel précis, car nommer justement une émotion réduit l'activation de l'amygdale et augmente celle du cortex préfrontal. Au programme : un scan émotionnel quotidien pour cultiver la conscience en temps réel, un journal structuré au format SPPA pour repérer déclencheurs et schémas, et des techniques respiratoires pour gérer le stress. Ces protocoles testés cliniquement ciblent chacun une dimension précise de l'intelligence émotionnelle et se pratiquent en autonomie, de manière concrète et mesurable.

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    À propos de l'auteur

    Gildas Garrec · Psychopraticien TCC

    Psychopraticien certifié en thérapies cognitivo-comportementales (TCC), auteur de 16 ouvrages sur la psychologie appliquée et les relations. Plus de 900 articles cliniques publiés sur Psychologie et Sérénité.

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